Adulte

Nouveautés 2013

Heureux les heureuxHeureux les heureux / Yasmina REZA

Dans le 95, qui va de la place Clichy à la porte de Vanves, je me suis souvenue de ce qui m?avait enchaînée à Igor Lorrain. Non pas l?amour, ou n?importe lequel des noms qu?on donne au sentiment, mais la sauvagerie. Il s?est penché et il a dit, tu me reconnais ? J?ai dit, oui et non. Il a souri. Je me suis souvenue aussi qu?autrefois je n?arrivais jamais à lui répondre avec netteté. ? Tu t?appelles toujours Hélène Barnèche ? ? Oui. ? Tu es toujours mariée avec Raoul Barnèche ? ? Oui. J?aurais voulu faire une phrase plus longue, mais je n?étais pas capable de le tutoyer. Il avait des cheveux longs poivre et sel, mis en arrière d?une curieuse façon, et un cou empâté. Dans ses yeux, je retrouvais la graine de folie sombre qui m?avait aspirée. Je me suis passée en revue mentalement. Ma coiffure, ma robe et mon gilet, mes mains. Il s?est penché encore pour dire, tu es heureuse ? J?ai dit, oui, et j?ai pensé, quel culot. Il a hoché la tête et pris un petit air attendri, tu es heureuse, bravo. Portrait de Yasmina Reza © Pascal Victor/ArtComArt

06h4106h41 / Jean Philippe Blondel

Le train de 06h41, départ Troyes, arrivée Paris. Bondé, comme tous les lundis matins. Cécile Duffaut, 47 ans, revient d?un week-end épuisant chez ses parents. Elle a hâte de retrouver son mari, sa fille et sa situation de chef-d?entreprise. La place à côté d?elle est libre. S?y installe, après une légère hésitation, Philippe Leduc. Cécile et lui ont été amants vingt-sept ans auparavant, pendant quelques mois. Cela s?est très mal passé. À leur insu, cette histoire avortée et désagréable a profondément modifié leurs chemins respectifs. Tandis que le train roule vers Paris et que le silence s?installe, les images remontent. Ils ont une heure et demie pour décider de ce qui les attend.
 
Une femme aiméeUne femme aimée / Andreï Makine
Défendre cette femme… Effacer les clichés qui la défigurent. Briser le masque que le mépris a scellé sur son visage. Aimer cette femme dont tant d’hommes n’ont su que convoiter le corps et envier le pouvoir. C’est cette passion qui anime le cinéaste russe Oleg Erdmann, désireux de sonder le mystère de la Grande Catherine. Qui était-elle? Une cruelle Messaline russo-allemande aux penchants nymphomanes? Une tsarine clamant son « âme républicaine »? La séductrice des philosophes, familière de Voltaire et Diderot, Cagliostro et Casanova? Derrière ce portrait, Erdmann découvre le drame intime de Catherine ? depuis son premier amour brisé par les intérêts dynastiques jusqu’au voyage secret qui devait la mener au-delà de la comédie atroce de l’Histoire.